Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 18:53

L'auteur Joe Konrath, dans son article "Unconsciability", ("Iniquité") rentre dans les détails de son contrat d'édition avec sa maison Hypérion. Il y passe en revue certaines pratiques ignobles comme le "basketing", la mise en commun de l'avance sur plusieurs romans : l'auteur ne perçoit de droits d'auteur que si les avances sont remboursées sur tous les livres. Un peu comme si vous deviez signer un contrat pour plusieurs livres au lieu d'un contrat pour chacun comme c'était le cas traditionnellement. Il détaille aussi ses royalties, et vous n'aurez pas besoin de comprendre l'anglais pour vous faire une idée (passage en italique). C'est désormais une certitude, l'édition traditionnelle va dans le mur. Les grands éditeurs savent déjà qu'avec l'arrivée du livre numérique, c'est la fin des haricots pour eux. Ils vont juste tenter de faire durer leurs affaires aussi longtemps que possible, et de "pomper le maximum" dans l'intervalle.

Par Alan Spade - Publié dans : Ecrire, éditer - Communauté : Autres Mondes...
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 13:12

Juste une petite news en passant pour signaler que le site KDP d'Amazon, qui permet de publier ses ebooks sur Kindle, a été traduit en français. Tout arrive un peu en même temps, avec le site Pottermore également traduit en français, et où l'on peut retrouver les ebooks d'Harry Potter dans la langue de Molière. Si vous êtes éditeur ou autoéditeur, plus d'excuse pour ne pas avoir vos ebooks sur le Kindle Store !

Par Alan Spade - Publié dans : Ecrire, éditer - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 12:42

Un article très synthétique sur l'affaire de collusion sur les prix des ebooks entre Apple et les éditeurs m'a été signalé sur le site Macgeneration. Cet article, contrairement à ceux d'ActuaLitté, reste factuel et ne prend pas parti. Néanmoins, il suffit de le lire pour ne plus guère avoir de doute sur la collusion en question.

 

Voici les réflexions que j'en tire :

 

- Historiquement, cette collusion autour de l'accord d'agence est favorable au développement de l'ebook, car elle a contraint tous les grands éditeurs à s'y mettre. Néanmoins, on voit bien de quel côté est l'avidité : les éditeurs gagnent énormément sur la vente d'ebooks.


- Comme le dit Steve Jobs, cet accord aura contribué, très certainement, à un bien meilleur dynamisme des concurrents d'Amazon comme Barnes & Noble avec son Nook, et comme Kobo : en ayant la possibilité de vendre les ebooks des grands éditeurs, même à prix (trop) élevé, ils ont pu attirer des lecteurs et lancer leur business dans de bonnes conditions.


- Cet accord aura été aussi favorable aux autoédités, en contraignant Amazon à se tourner vers eux pour contrecarrer les éditeurs en s'appuyant sur les prix très attractifs des autoédités. Cela confirme mon hypothèse selon laquelle c'est grâce à Apple que les auteurs indépendants et les éditeurs bénéficient d'une remise de 70% (auparavant, on était à 30% chez Amazon, aux Etats-Unis).

- On parle beaucoup de la vente à perte d'Amazon : elle semble bien avoir eu lieu en effet, mais uniquement pour des best-sellers. Amazon aurait perdu trop d'argent s'ils l'avaient fait pour tous les livres des éditeurs concernés. Par ailleurs, le nouvel agrément du Département américain de la Justice interdit la vente à perte.

 

- Je ne pense pas qu'Amazon aurait réussi à contraindre les grands éditeurs à vendre à plus bas prix comme le disait Steve Jobs dans l'article de Macgeneration : "vous restez sur les 9,99$ d'Amazon. Vous gagnerez un peu plus d'argent sur le court terme, mais à moyen terme, Amazon vous dira qu'ils vont vous payer 70% de 9,99$ (sous-entendu, encore moins que le prix de vente - à perte - pratiqué par la firme de Jeff Bezos, ndr). Eux aussi ont des actionnaires." A mon avis, les grands éditeurs auraient retiré leurs best-sellers du Kindle Store dans ce cas.

- L'article confirme bien qu'il y a eu collusion entre les grands éditeurs et Apple, avec pour effet de monter les prix des ebooks aux dépens des lecteurs.

 

- Je suis d'accord pour dire qu'Amazon n'est pas un blanc mouton et qu'il poursuit des buts hégémoniques, mais ni plus ni moins que ses concurrents. Et c'est apparemment le seul acteur dont le modèle économique est vraiment favorable aux lecteurs, avec cette volonté de faire baisser les prix. D'où le fait qu'il ait été favorisé par le Département américain de la justice (DoJ).

 

- Apple, Macmillan et Penguin ont eu tort de ne pas accepter l'accord proposé par le DoJ : ils vont maintenant avoir affaire aux avocats anti-trust du gouvernement américain. Le dernier grand acteur à avoir eu affaire à eux est Microsoft, pour son procès d'abus de position dominante. Les analystes estiment que Crosoft a perdu sa position dominante au profit d'Apple suite à ce procès. Apple sera peut-être moins touché, mais si jamais les avocats anittrust du gouvernement fourrent leur nez dans les comptes des éditeurs Penguin et Macmillan (et ils le feront certainement), ils vont très certainement découvrir des pratiques d'un autre âge, notamment dans les rapports avec les agents et les auteurs et dans les droits d'auteur versés à ces derniers.

 

- En général, les gouvernements laissent les grands éditeurs commettre tranquillement leurs petits crimes en famille. S'ils se sont d'un seul coup retrouvé dans le collimateur du DoJ, c'est tout simplement parce que celui-ci a le regard rivé sur les grands groupes comme Apple, Microsoft et Google.

 

A voir aussi, l'info sur le blog Aldus. Mon avis diverge totalement par rapport à la conclusion de l'article d'Aldus : "C'est Amazon qui doit se frotter les mains et nous français de bénir notre loi sur le prix unique qui nous met à l'abri de la prédation par les prix. Quelle serait la situation en France à l'heure où je vous parle..."

 

Le prix unique des ebooks fait perdre chaque jour beaucoup d'argent aux personnes qui achètent des ebooks. Il protège sans contrepartie les grands éditeurs, qui exploitent sans vergogne les auteurs et les lecteurs. Ce prix unique, en garantissant des prix hauts pour les ebooks (du moins tant qu'en France, une enquête n'aura pas mis en évidence la collusion des grands éditeurs sur ces prix hauts visant à protéger le livre de poche), nuit également à l'attractivité des lecteurs d'ebooks, et à tous les acteurs comme Kobo, Sony, Bookeen ou Amazon qui en bénéficient. Et bien sûr, par ricochet, aux petits éditeurs et auteurs indépendants.

Par Alan Spade - Publié dans : Ecrire, éditer, lire - Communauté : Les lectures de Florinette
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 12:47

Aux Etats-Unis (on va finir par croire que je suis correspondant permanent aux Etats-Unis, moi, lol), l'association des représentants d'auteurs (AAR) vient de rejoindre la Guilde des Auteurs en envoyant au Département américain de la justice une lettre protestant contre l'abolition du mandat d'agence, ou prix d'agence (agency model). Or, c'est précisément ce mandat d'agence, un arrangement entre cinq grandes maisons d'édition et Apple, qui a permis aux grands éditeurs de garder les ebooks à un niveau de prix élevé. En agissant ainsi, l'association des agents d'auteurs et la Guilde des Auteurs se sont rangés du côté des grands éditeurs et des tenants traditionnels du marché du livre... Tout en se mettant en porte-à-faux contre les auteurs indépendants et les lecteurs qui réclament une baisse du prix des ebooks.

 

L'un des derniers grands pans de l'édition traditionnelle vient de s'effondrer. Pendant des années, j'ai dit, sur mon site, sur ce blog et en interview, que ce qui nous manquait en France, à nous autres auteurs, c'étaient des agents pour représenter nos droits et les défendre auprès des éditeurs. Je suis persuadé que j'avais raison de le dire, parce qu'il est très difficile pour un auteur de négocier directement avec un éditeur, et que l'agent pouvait jouer le rôle de "pare-feu affectif" en représentant l'auteur sur les questions financières.

 

Je reste convaincu que J.K. Rowling, l'auteur des Harry Potter, doit son succès mondial, outre son propre talent, au fait d'avoir trouvé un agent américain. A titre d'anecdote, elle s'en est d'ailleurs séparé depuis. De même, les agents ont été de précieux alliés des auteurs dès lors qu'il s'agissait de défendre les droits sous forme d'adaptation audiovisuelle, les traductions en langue étrangère et droits dérivés.

 

L'arrivée de l'ebook, cependant, est venu chambouler la donne. Le fait d'avoir un nombre beaucoup plus important d'auteurs américains qui, à présent, peuvent gagner directement leur vie en appuyant simplement sur un bouton, sans avoir besoin d'agent, a remis bien des choses en perspective. Les auteurs peuvent désormais avoir l'impression que ceux d'entre eux qui parvenaient à trouver le bon agent avaient autant de chance que s'ils avaient gagné au loto.

 

Et ils peuvent se dire, comme je l'ai déjà fait en 2010 lorsque j'ai décidé de prendre à bras-le-corps mon activité d'autoédition, qu'ils ne veulent plus jouer au loto avec leur travail.

 

L'auteur Joe Konrath vient de démonter sur son blog l'argumentaire de Simon Lipskar, président de la Maison des Ecrivains (une agence littéraire). Simon Lipskar rejoignait l'association des représentants des auteurs (AAR) et la Guilde des Auteurs dans leur requête auprès du département de la justice de rétablir le mandat d'agence.

 

Le billet de Konrath fait suite à d'autres où il se chargeait de faire subir le même sort, arguments à l'appui, à l'action de l'AAR, de la Guilde des Auteurs et au mandat d'agence en lui-même.

 

En substance, les éditeurs accusent Amazon d'avoir vendu à perte en baissant les prix des ebooks des bestsellers, et de vouloir devenir un monopole. De son côté, Joe Konrath et de très nombreux auteurs indépendants accusent les grandes maisons d'édition de se comporter comme un cartel, notamment en s'accordant sur les très faibles droits consentis aux auteurs sur le prix des livres et des ebooks, mais aussi bien sûr en élevant induement le prix des ebooks.

 

Le jeu des agents d'auteurs et des grands éditeurs est de dire : "les ebooks doivent être chers, car les grands éditeurs ont des charges très importantes, et plus les ebooks seront chers, mieux les auteurs et les agents pourront être rémunérés. C'est aussi de cette seule manière que pourra survivre la chaîne du livre."

 

Le jeu des auteurs indépendants est de dire : "nous n'avons plus besoin de grands éditeurs ni d'agents, nous pouvons faire de la vente quasiment directe aux lecteurs. Nous voulons des ebooks moins cher pour nos lecteurs. Si les grands éditeurs veulent survivre, ils doivent s'adapter et améliorer grandement nos droits d'auteur, la transparence des comptes et de nombreux autres aspects du business".

 

Konrath a aussi mis en évidence que la chaîne de librairies américaine Borders était déjà au bord de la faillite en novembre 2009 c'est à dire avant l'explosion de l'ebook. De nombreux auteurs constatent que depuis la disparition de Borders, des librairies indépendantes ont ouvert en nombre plus important, et cohabitent très bien avec l'ebook. Les deux ne sont donc pas incompatibles.

 

Ce ralliement des agences littéraires au mandat d'agence, et aux intérêts des grands éditeurs, a mis en évidence une chose : ce sont les éditeurs qui payent en premier lieu les agents littéraires, puisque ceux-ci perçoivent une commission sur les avances faites aux auteurs. Bien que dans leurs statuts, la loyauté première des agents littéraires doive aller aux auteurs, dans la réalité, c'est bien aux grands éditeurs que va leur dévouement.

 

Résultat des courses ? De nombreux auteurs sont en train de laisser tomber leur agent. Konrath lui-même, qui a gardé son agent, est en désaccord frontal avec cette dernière concernant le mandat d'agence. Une auteur comme Kristine Rusch a parfaitement relaté comment, avec l'arrivée des ebooks et le resserrement des conditions de signature de contrat pour les auteurs chez de grands éditeurs, certains agents se sont mis à trahir leurs auteurs de milieu de liste pour favoriser les auteurs best-sellers, en faisant signer aux premiers de nouvelles clauses défavorables.

 

Vous pensez peut-être que tout cela n'arrivera pas en France ? C'est vrai, les agents littéraires sont pratiquement absents du marché français. Ce seront donc les autres aspects du modèle traditionnel, les aspects les plus étouffants pour les auteurs et les plus défavorables aux lecteurs qui seront mis à mal. Et on ne va pas s'en plaindre. Vive la révolution !

Par Alan Spade - Publié dans : Ecrire, éditer, lire - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 15:18

Je tiens à saluer ici le courage des auteurs américains Kristine Rusch et Joe Konrath. La première, pour avoir dénoncé des malversations dans le paiement de ses droits d'auteur et pour avoir mis en lumière le comportement plus que douteux de certains agents littéraires. A la suite de ses dénonciations, elle s'est fait pirater ses sites internet. Le second, pour avoir donné la parole à une auteur d'Harlequin qui, après calcul, s'est rendue compte qu'elle ne percevait que 2,4% de droits d'auteur par livre. Joe Konrath appelle les auteurs à témoigner sur son blog et à se révolter contre ces tarifs outrageusement bas, qui n'apparaissent souvent pas en tant que tels dans les contrats.

 

Ceux qui regardent de près le contenu de ce blog savent que je ne fais pas dans le manichéisme. Il ne s'agit pas de dire que les éditeurs sont tous pourris et les auteurs, tous des anges. Il est évident, à mes yeux, que ce qui était caché jusqu'à présent dans les contrats d'édition arrive à la lumière grâce à l'arrivée du premier véritable concurrent aux éditeurs qu'est Amazon (dans le domaine du livre, dans la musique, Apple avait joué le même rôle).

 

Donc, de nombreux auteurs savaient. Ou du moins, ils se doutaient. Ils fermaient les yeux. Ce qui me fait dire ça ? Le fait d'avoir vu, sur Internet, un auteur commenter sur un blog qu'il serait prêt à toucher 0% de droits d'auteur pour être présent dans toutes les librairies. Certains auteurs seraient prêts à signer à 0%.

 

J'irais plus loin : je ne serais pas surpris que certains l'aient déjà fait. Après cette révélation de droits d'auteur à 2,4% chez Harlequin, je ne serais pas surpris d'apprendre que des auteurs se soient faits éditer pour leur premier livre à compte d'auteur déguisé par de grands éditeurs. C'est à dire que de grands éditeurs aient accepté de l'argent en provenance d'auteurs pour les éditer à 0% de droits d'auteur sous le couvert d'une édition à compte d'éditeur. Etant donné l'opacité des contrats et l'omerta (loi du silence) dans le milieu de l'édition, comment ferait-on pour le savoir ? Bien sûr, je n'ai aucune preuve. Il s'agit uniquement de supputations de ma part.

 

Alors, qui serait coupable, dans ce cas-là ? L'auteur, ou l'éditeur ? Les deux, mon commandant. Et quel est le mobile du crime ? Le fait de vouloir être diffusé le plus largement possible, pour l'un et de tirer parti de cette demande pour l'autre. De la même manière, des auteurs autoédités, dont je fais partie, vont mener des opérations de gratuité ponctuelle sur un ouvrage numérique, afin d'augmenter leur lectorat. Tout n'est pas tout blanc ou tout noir en ces matières. Il y a des nuances de gris.

 

Evidemment, ce n'est pas parce que l'esclavage volontaire existe dans le milieu de la littérature qu'il ne faut pas le dénoncer. Dans le cas de ce qui se passe aux Etats-Unis, même si les auteurs savaient, ou se doutaient, un contrat est quelque chose de légal. Si ses termes ne sont pas respectés, on est en droit d'attaquer en justice. L'action actuelle de Joe Konrath et de Kristine Rusch est on ne peut plus légitime, et devrait apporter un bol d'air sain dans un milieu on ne peut plus vicié.

 

Pourquoi les auteurs apparaissent-ils si souvent comme la cinquième roue du carosse, l'élément dont on peut se passer dès qu'il s'agit de rémunération ? Tout simplement parce que l'offre, en matière de manuscrits, est pléthorique. Pour un éditeur, il n'y a qu'à se baisser pour ramasser. Et c'est d'autant plus facile, lorsque l'on bénéficie du prestige de l'éditeur.

 

Je pense sincèrement que les choses vont évoluer. Avec les actions menées par des auteurs comme Kris Rusch et Joe Konrath, les éditeurs vont enfin perdre de leur aura.

 

Dans un univers numérique dominant, les myriades d'ebooks gratuits et à 0,99 € écrits par des auteurs d'aujourd'hui seront identifiés comme suspects par les lecteurs. Des ebooks plus chers autoédités seront des succès, et rapporteront 70% à leurs auteurs.

 

C'est pour cela que je milite à fond pour les ebooks et livres numériques. Parce que le prix de l'édition et la diffusion des livres papier en librairie se paie trop souvent au prix fort pour les auteurs. Celui de l'esclavage. Parce qu'il est plus facile de vérifier avec Amazon si une vente effective se traduit en droits d'auteur. Les choses sont beaucoup plus transparentes.

Par Alan Spade - Publié dans : Ecrire, éditer, lire - Communauté : Autres Mondes...
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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 11:00

En demandant sur le site américain The Daily Beast à payer davantage d'impôts, l'auteur américain Stephen King a me semble-t-il montré la voie aux auteurs. En tout cas, il m'a convaincu d'une chose, c'est que les auteurs ne doivent pas, sous prétexte de leur activité, se priver de leur voix citoyenne. Alors, comment s'occuper des Français exilés fiscaux ? Je parle de tous ceux qui échappent à l'impôt en se domiciliant fiscalement à l'étranger. Réponse : en les privant de leur nationalité française. Avec pour effet immédiat, l'invalidité de leur carte d'identité et de leur passeport. On ne peut pas avoir un droit aussi fondamental que le droit de vote et refuser de s'acquitter d'un devoir aussi fondamental que celui de payer des impôts. Sinon, on devient de facto un parasite.

 

Bon, je ne vais pas me mettre à discuter à tout bout de champ de sujets de société. Ce blog restera un blog d'auteur avant tout. Néanmoins, en l'occurrence, le sujet et le moment me semblent trop important. Cette mesure doit être une mesure de justice sociale. Le moment me semble venu de responsabiliser les gens.

 

Je ne vois pas pourquoi l'administration française continuerait à perdre de l'argent, du temps et de l'énergie en envoyant des feuilles d'impôt à des Français qui font de l'exil fiscal. Ceux-là sont perdus pour la France. Qu'on en tire les conséquences.

 

Concernant les sportifs de haut niveau, j'aimerais que l'on parle un peu des professionnels de la danse. Il existe un dispositif qui permet aux professionnels de la danse une reconversion, c'est à dire une formation financée par l'Etat, en lien avec l'AFDAS (organisme paritaire collecteur agréé), et qui leur permet de changer de métier une fois que leur baisse de performance ne leur permet plus de gagner leur vie. A condition bien sûr qu'ils ou elles aient été des professionnel(le)s avéré(e)s.

 

Pourquoi les professionnel(le)s de la danse seraient-ils différents de ceux et celles qui pratiquent le foot ou le tennis de haut niveau ? Ce dispositif de reconversion aux frais de l'Etat devrait être étendu à tous les sportifs professionnels.

 

Oui, le rayonnement sportif de la France s'en ressentira. On ne va pas se voiler la face. Mais justice aura été faite. Et les enjeux, vous en conviendrez, sont autrement importants que ceux du sport de haut niveau.

 

 

 

Par Alan Spade - Publié dans : Société - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 19:13

Un an après la parution du deuxième tome d'Ardalia, Eau Turquoise, j'ai commencé le neuvième chapitre du troisième, ce qui représente un peu plus du tiers du roman (63 000 mots). Je serais très surpris d'arriver à le sortir pour la fin 2012. Ce sera donc 2013, sauf surprise. Il sera plus important que le deuxième tome : entre 160 et 170 000 mots, là où Eau Turquoise affiche 130 000 mots au compteur.

 

Comme je le disais dans mes précédents billets, le fait d'être moins présent sur les réseaux sociaux me permet un meilleur rythme d'écriture. Je suis loin, très loin d'être satisfait pour autant. La situation est en fait très frustrante pour moi. Il existe à la fois des obstacles matériels : manque de temps dû à mon boulot alimentaire, à la partie vente et recouvrement de l'activité d'autoédition, et à ma famille d'une part, et problèmes d'ordre psychologique d'autre part. Non pas la page blanche, mais disons que l'autodiscipline est un combat permanent. Oui, je sais, c'est un paradoxe par rapport à la frustration et à l'envie d'écrire.

 

Bien que je tire toujours autant de plaisir de l'écriture en elle-même, le troisième tome est aussi plus difficile en ce sens qu'il se situe plus souvent que les deux premiers dans une "zone d'inconfort" pour moi. Là encore, paradoxe, eh oui.

 

Chaque auteur a sa zone de confort et d'inconfort, qui lui est propre. En ce qui me concerne, j'entre dans des parties plus malaisées lorsque je décris des scènes morbides ou par exemple des actes que la morale réprouve. Bref, des scènes à fort impact négatif pour les personnages principaux.

 

Je pourrais bien sûr me les interdire, ou essayer de les contourner. Mais à partir du moment où c'est l'histoire qui me guide, je lui fais confiance. Je dois à l'histoire comme à mes personnages le respect de leur intégrité. Et quand je dis "intégrité" des personnages, je ne parle pas de leur éventuelle survie dans l'histoire, mais de ce qu'ils sont. Je m'efforce juste d'éviter de m'attarder sur les scènes choquantes, gores ou morbides s'il n'y a pas lieu de le faire. Bref, sur les scènes gratuites, qui n'apportent rien à l'histoire.

 

Non pas que ce troisième tome sera réservé à un public adulte : dans Harry Potter, il y a aussi des passages plus durs que les autres. Ce dernier volet restera très abordable.

 

En tous les cas, le fait de naviguer souvent en zone d'inconfort et d'avoir une frustration par rapport à l'écriture peut me conduire à rechercher des solutions de facilité, par exemple l'écriture plus fréquente de billets de blog. Encore une chose à surveiller.

 

Pour continuer à avancer de manière régulière, comme beaucoup d'auteurs, je me donne des objectifs. Les miens, je dois le confesser, ne sont pas dignes d'un auteur pro (que je ne prétend d'ailleurs pas être) : environ 2000 mots par semaine, ce qui correspond grosso modo à un chapitre par mois. Tout dépend bien sûr des sacrifices que l'on est prêt à faire dans sa vie.

Par Alan Spade - Publié dans : Ecrire - Communauté : Autres Mondes...
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 14:45

La guerre fait rage entre les revendeurs de liseuses numériques, pour le plus grand plaisir des consommateurs. Et très bonne nouvelle, alors que le blog Aldus nous annonce, aux Etats-Unis, un "Nook all touch" à 79 $ (en même temps qu'une alliance de Barnes & Noble, les créateurs du Nook, avec Microsoft), en France, la liseuse Kobo passe à 99 € même pour les non-adhérents Fnac. Le Kindle Touch d'Amazon se voit ainsi très sérieusement concurrencé. Côté sites et visibilité pour les auteurs autoédités, il y a aussi des nouvelles encourageantes. 

 

Sur le site Kobobooks, lorsque l'on fait des recherches par catégories, il n'y a toujours pas de recherche par langue, mais les oeuvres en français sont désormais privilégiées (à condition de se connecter en France, je suppose). Ainsi, on retrouve nettement plus d'oeuvres de langue française dans les premières pages de recherche de la catégorie Fantasy, par exemple.

 

La manière dont procède l'équipe du site Kobobooks pour donner de la visibilité à ces oeuvres francophones reste cependant, pour le profane que je suis, très nébuleuse. Pour en faire la démonstration, je dois d'abord annoncer qu'en mars, mes ventes Kobo ont enfin connu un frémissement, passant à 24 contre 3 le mois précédent. Néanmoins, ces 24 ebooks, dont 12 Souffle d'Aoles, ont tous été vendus sur le site de la Fnac.fr.

 

Sur le site Kobobooks, en faisant une recherche par "best-sellers", je n'arrive pas retrouver Le Souffle d'Aoles dans les catégories fantasy et epic, ce qui signifie qu'il n'apparait pas dans les premières pages. Soit. Mais très curieusement, quand je fais une recherche sur "best-sellers science-fiction", je tombe sur Entre deux Feux, un autre de mes ebooks, en page 7. Et pourtant, je n'ai vendu qu'un Entre deux Feux en mars, et sur le site de la Fnac. Et il y a 1472 oeuvres de science-fiction référencées. Donc, apparaître à la 69ème place est très flatteur.

 

En faisant une recherche par "prix les plus bas" sur Kobobooks, on retombe sur des oeuvres de langue anglaise. Mauvaise pioche.

 

Sur le site de la Fnac, le moyen le plus sûr de retrouver mes ebooks est d'aller dans la catégorie sicence-fiction ou fantasy, puis de trier les oeuvres par "ebooks les moins chers". Je n'explique pas autrement les quelques ventes faites jusqu'à présent.

 

L'écosystème (c'est à dire le site) d'Amazon reste donc selon moi très supérieur à ses concurrents (tout simplement parce que le système de classement est tout à la fois plus précis et plus fun, et en raison d'un nombre supérieur d'oeuvres francophones référencées), néanmoins, Amazon ne va sans doute pas tarder à devoir s'aligner sur les prix pour ses liseuses, ne serait-ce que parce que le Kindle présente toujours le désavantage d'enclaver les lecteurs avec son format propriétaire. Au sujet des prix des Kindle, je m'attends à des changements pour la période de Noël 2012.

 

Par Alan Spade - Publié dans : Lecture sur écran - Communauté : Roman science fiction
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 14:14

Pour fêter nos dix ans de mariage, ma femme et moi sommes allés à Venise la semaine dernière. Le rapport avec la choucroute ? Simplement ceci : l'activité d'autoéditeur, quand on fait plus d'une trentaine de séances de dédicaces par an, peut avoir tendance à être vampirisatrice en temps et en énergie. Il importe donc, de temps en temps, de s'accorder un peu de détente. C'est possible, la preuve ! Cela permet aussi de prendre un minimum de recul et de ne pas rester la tête dans le guidon. Cela dit, ça ne m'a pas empêché de continuer à écrire... dans le train, à l'aller comme au retour.

 

Photos-anciennes-2756.JPG

Note : ma femme préférant ne pas apparaître sur le net, vous ne la trouverez pas dans le film ci-dessous.

 

 

Par Alan Spade - Publié dans : Ecrire, éditer - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 13:21

Dans la panoplie d'arguments cités par les détracteurs de l'ebook, l'on avance souvent les DRM (Digital Rights Management, verrous numériques). Et pour faire bien peur, on cite la possibilité pour Amazon d'effacer des lecteurs d'ebooks des livres déjà achetés, par le biais de ces DRM. Scandaleux, n'est-ce pas ? Or, on oublie une chose : Amazon donne la possibilité aux éditeurs de mettre ou non des DRM. Ils ont le choix.

 

A ma connaissance, l'un des rivaux d'Amazon, le Nook de Barnes & Noble, impose les DRM à tous les auteurs indépendants et éditeurs qui y mettent en ligne leurs ebooks. De même, la plate-forme de vente en ligne Numilog impose les DRM pour tous les ebooks qui y sont vendus. Et qui retrouve-t-on derrière Numilog ? Le groupe Hachette. [EDIT] : Numilog vient d'être rétrocédé à son fondateur, Denis Zwirn. La nouvelle date du 17 avril. Source : Cnet. Je m'en réjouis, et ce n'est pas trop tôt. Néanmoins, mon argumentaire reste valide, puisqu'on ne connait pas encore la politique que mettra en place Denis Zwirn.

 

Dans les romans policiers, les détectives recherchent toujours le mobile du crime. Qui a intérêt à imposer un contrôle maximal pour lutter contre le piratage ? Les éditeurs, bien sûr. Encore qu'il n'est pas sûr que leur véritable intérêt soit bien compris d'eux-mêmes, ni de leurs auteurs. Amazon a eu l'intelligence de permettre aux éditeurs, et aux auteurs indépendants, de ne pas mettre de DRM sur leurs ebooks. Je crois qu'il est important de le rappeler ici, étant donné certaines infos qui circulent, y compris sur des sites comme ActuaLitté. 

 

Le plus grand défaut du site d'Amazon vient à mon sens de l'absence d'indication "avec ou sans DRM", c'est pourquoi, pour mes propres ebooks vendus chez eux, j'ai fait le choix de mentionner dans la présentation qu'ils sont vendus sans DRM.

 

Attention aussi à ne pas faire l'amalgame entre DRM et format propriétaire. Amazon impose un format propriétaire : en conséquence, vos ebooks Kindle ne pourront être lus sur d'autres lecteurs d'ebooks que si vous vous servez d'un logiciel gratuit comme calibre pour les convertir au format epub, le plus universel. Les DRM empêchent la conversion en un autre format. Et vous ne pourrez rapatrier des epubs sur votre Kindle qu'en les convertissant en format prc mobi ou azw (formats amazon).

 

D'autres concurrents utilisent des systèmes propriétaires, comme Apple ou Barnes & Noble. Ces systèmes visent à fidéliser les lecteurs. C'est cette stratégie qui a d'ailleurs historiquement permis à Apple de survivre contre Microsoft et Windows. Dans le cadre des ebooks, je n'y suis pas favorable personnellement, puisque les formats propriétaires nuisent à la liberté des lecteurs.

 

Mais il faut être réaliste : toutes les personnes ne sauront ou ne voudront utiliser un logiciel comme calibre. Tout le monde n'aime pas "mettre les mains dans le cambouis". Tout le monde n'est pas geek. Si vous êtes un lecteur non geek, que vous recherchez la compatibilité et êtes prioritairement intéressés par les ebooks gratuits, j'aurais tendance à vous conseiller une liseuse numérique de type Bookeen, Sony ou Kobo.

 

Si vous êtes non geek et que vous cherchez à lire les dernières nouveautés de librairie, en français ou en anglais, je recommanderais le Kindle. Pas forcément à cause de l'appareil en lui-même, mais parce que l'écosystème du site d'Amazon est supérieur à tous les autres. Meilleure navigabilité, plus grand choix de livres, etc.

 

A ce sujet, cela tombe bien, les nouveaux Kindle Touch et Kindle 3G sortent aujourd'hui. Amazon a avancé sa date de sortie d'une semaine. A noter qu'il y a aussi des ebooks gratuits sur les sites marchands que sont Kobobooks et Amazon, entre autres.

 

Enfin, si vous êtes un geek, vous irez forcément vers les liseuses assurant le plus de compatibilité, donc les Bookeen, Sony, Kobo, ou autres capables de lire directement de l'epub. Quitte à récupérer ensuite des ebooks que vous ne pouvez trouver que sur Amazon pour les convertir sur votre liseuse grâce à Calibre.

 

Dernier conseil : lisez les extraits de livres avant d'acheter. Des sites comme Kobobooks et Amazon, contrairement au site de la Fnac.fr, donnent la possibilité de télécharger directement sur votre liseuse les extraits d'ebooks. Profitez-en pour tester les auteurs que vous ne connaissez pas. Le cas échéant, n'hésitez pas à vous rendre sur leur site personnel, pour savoir ce qu'ils font d'autre. Et si vous souhaitez vraiment encourager les auteurs indépendants, vous pouvez même acquérir leurs ebooks sur leur site !

 

Sur le mien, par exemple, vous trouverez les deux formats, PRC Mobi et epub. ;)

Par Alan Spade - Publié dans : Lecture sur écran - Communauté : Autres Mondes...
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Prochaines dédicaces (2012)
- samedi 26 mai, 10h00-19h00 : espace culturel Leclerc Blanc-Mesnil, 192 avenue Charles Floquet Blanc Mesnil (93)
- samedi 2 juin, 10h00-19h00 : Leclerc Trie Château, RN 181, Trie-Château (60)
- dimanche 10 juin, 10h00-19h00 : Cultura Claye Souilly, rue Victor Drouet, Claye Souillly (77)
- samedi 16 juin, 10h00-19h00 : Cultura Saint Maximin, 321 rue de l'égalité Saint Maximin (60)
- samedi 30 juin, 10h00-19h00 : espace culturel Leclerc Chambly, Les Hauts Vents Rue Francois Truffaut, Chambly (60)

Profil

  • Alan Spade
  • Homme
  • 17/10/1971
  • Musique Cinéma Littérature Jeux vidéo Tennis de table
  • Marié et père de deux enfants, j'ai été critique de jeux vidéo avant de me tourner vers l'écriture. Mes sources d'inspiration : tout ce que je peux vivre personnellement ou par procuration !

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"Il faisait chaud dans la tannerie en dépit des portes et fenêtres ouvertes sur l’extérieur, maintenant en permanence un courant d’air. Malheureusement en ce premier mois du renouveau, l’air était déjà ardent et sec dans les Canyons de Panjurûb. Les exhalaisons des charognes dominaient tout dans l’atelier. C’était à peine si l’odorat pourtant sensible des hevelens parvenait à distinguer leur propre transpiration de cette infection. Chargés de la découpe des peaux et des différentes opérations de tannage, les six ouvriers portaient pour tout vêtement un pagne et des sandales en tissu. A l’instar de la plupart de leurs concitoyens vivant à Durepeaux, ces six-là avaient le crâne rasé...." (Premières lignes Le Souffle d'Aoles - Alan Spade - Editions Emmanuel Guillot)

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